Casino : la Première Nation de Pabineau ferme la porte à Josh Baazov
La Première Nation de Pabineau, au Nouveau-Brunswick, a mis un terme aux négociations avec Josh Baazov pour l’ouverture d’un casino sur son territoire. Jusqu’à récemment, la petite communauté mi’kmaw de 300 personnes négociait avec Josh Baazov, un homme d’affaires qui contrôle le casino abénakis de Wôlinak, dans le Centre-du-Québec. Wôlinak servait d’ailleurs de modèle au chef Richardson, qui souhaite ouvrir un établissement de jeux et une salle de spectacle près de Bathurst afin de générer de nouveaux revenus pour sa communauté. Or, les négociations ont achoppé. Ce que proposait M. Baazov n’était pas assez bénéfique pour les Mi’kmaq. Première Nation de Pabineau Photo : Radio-Canada / Gaétan Pouliot En novembre dernier, Enquête diffusait plusieurs révélations sur le casino de Wôlinak. Les Abénakis sont propriétaires du casino, mais n’ont aucun pouvoir dans la gestion de l’établissement. L’endroit est contrôlé par Josh Baazov et un groupe d’investisseurs inconnus. M. Baazov a été condamné au civil pour fraude et au criminel pour trafic de drogues dans le passé. Il est actuellement poursuivi en Israël pour sa participation présumée au piratage de téléphones et à une campagne de menaces contre d’anciens partenaires d’affaires. M. Baazov nie toute implication dans cette affaire. L’homme d’affaires gère le casino par l’entremise d’une société dénommée Tribal Gaming. Radio-Canada a découvert que la première administratrice de cette société, Mariia Barinova, est une citoyenne russe qui vivrait en banlieue de Moscou. Dans une lettre envoyée à Enquête après la diffusion du reportage, l’avocat de Josh Baazov soutient que Mariia Barinova n’était qu’une Mme Barinova a pourtant été présidente et unique administratrice de Tribal Gaming pendant près de deux ans. C’est elle qui a autorisé la signature du contrat de gestion entre Tribal Gaming et les Abénakis de Wôlinak en 2020. La personne qui a remplacé Mariia Barinova, en 2022, à titre d’unique administrateur de Tribal Gaming est Tommy Lefebvre, un Abénakis de Wôlinak. Ce dernier est lié aux Hells Angels, révélait en décembre dernier Enquête. Lors d’une récente audience au palais de justice de Trois-Rivières, un enquêteur de la Sûreté du Québec l'a identifié comme un membre en règle des Satan’s Crew, un club-école des Hells Angels qui serait impliqué dans le trafic de drogues. L'entrée principale du casino Le Grand Royal Wôlinak Photo : Radio-Canada / Delphine Jung Cette révélation avait fait bondir le ministre québécois responsable des Relations avec les Premières Nations et les Inuit. Selon le Code criminel, il faut un permis d’un gouvernement provincial pour exploiter un casino. Le casino de Wôlinak, géré par Josh Baazov, est en activité sans aucune autorisation. Les Abénakis invoquent plutôt un droit ancestral pour mener cette activité. C’est d’ailleurs ce modèle que pensait adopter la Première Nation de Pabineau. Or, le chef Richardson souhaite maintenant profiter du retour au pouvoir du Parti libéral du Nouveau-Brunswick pour demander un permis afin d'exploiter un casino. La Première Nation malécite du Madawaska exploite d’ailleurs un casino près d’Edmundston, au Nouveau-Brunswick, avec la bénédiction des autorités.L’entente qu’on nous offrait n’était pas vraiment dans l’intérêt de la communauté
, explique le chef de Pabineau, Terry Richardson. On veut juste fermer ce dossier-là. C’est un chapitre qu’on veut oublier.
On n'a rien signé, mais on est proche
, disait le chef de Pabineau lorsque Radio-Canada l’avait rencontré en septembre 2024.C’est beau de dire qu’on va avoir de l’argent, mais il y a autre chose
, dit le chef Richardson sans vouloir entrer dans le détail des négociations. L’entente proposée était davantage en faveur des investisseurs, résume-t-il.
Mystérieuse administratrice russe
administratrice provisoire
qui ne contrôlait pas Tribal Gaming. M. Baazov est bel et bien un dirigeant de cette entreprise et ne s’en est jamais caché
, écrit Me Raymond Doray.On nomme des administrateurs provisoires qui sont par la suite remplacés par les véritables administrateurs
, explique encore l’avocat de M. Baazov.Un proche des Hells à la tête du casino

Tribal Gaming ignorait que Tommy Lefebvre avait des relations avec certains membres des Satan’s Crew [...] Lorsque l’entreprise a appris que M. Lefebvre côtoyait possiblement certains membres de ce groupe de motards, il a été immédiatement démis de ses fonctions d’administrateur
, poursuit Me Doray.Ce groupe avait des projets pour ouvrir d'autres casinos au Québec et ailleurs. Je confirme que ça ne devrait pas arriver
, a dit le ministre Ian Lafrenière, en parlant de M. Baazov et de son groupe d’investisseurs.À partir du moment où on ouvre un casino et où on ne le fait pas avec l'État, c'est une porte ouverte pour le crime organisé. Puis, malheureusement, c'est exactement ce qui est arrivé
, a ajouté le ministre.Si on est capable de gagner une licence, on sera peut-être capable de trouver d’autres investisseurs prêts à faire une entente davantage en faveur de notre Première Nation
, explique le chef des Mi’kmaq de Pabineau, qui ambitionne toujours d'ouvrir un casino sur son territoire.
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